Madonna, ça donne à réfléchir
Ennui. Ce soir, Madonna, la cinquantaine désormais entamée, revient à Paris et l’ambiance n’est guère plus folichonne. Onze mois après sa venue à Nice et au Stade de France (fin août 2008), son Sticky and Sweet Tour n’a pas laissé de trace marquante - pas plus que l’album Hard Candy, qui devait assurer la mise en feu. Tout juste garde-t-on le souvenir d’un show mécanique, qui persiste à capitaliser sur une posture «athlético-sulfureuse» à peine capable d’offusquer ponctuellement d’obscures mouvances intégristes. Hormis les derniers moments du déballage (4 Minutes, Hung up…), l’ennui guette même assez fréquemment. Un an plus tard, on suppute juste un ou deux changements de titres et de costumes et, récemment adjoint pour les raisons qu’on sait, un petit hommage dansé à Michael Jackson.
Or, le tout revient en 2009 à prix bradé. Par la force des choses. Car Madonna a été la première à fonctionner sur des tarifs insensés qui, aujourd’hui, peinent de plus en plus à trouver une justification autre que le pragmatisme jadis brandi sous le sobriquet de Material Girl. Toutefois, manifestement, un nombre croissant de consommateurs renâcle, dans une gamme allant de 82,50 à 192,50 euros, à être perçus comme de simples gogos par une artiste que d’aucuns commencent même à juger en voie de ringardisation. Début juin, une promo à 65 euros est apparue. Hier, on trouvait encore à peu près tout ce qu’on voulait comme places sur le site de Bercy. Détail utile : Madonna est désormais en affaires avec la société américaine très controversée (du moins en France), Live Nation, qui a, ce week-end, eu recours à la même pratique tarifaire déflationniste, faute de réservations, au festival Main Square d’Arras.